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LE MAINTIEN DE LA COHÉSION SOCIALE

La cohésion sociale fait l’objet de définitions multiples. On peut sans doute retenir d’une manière générale que l’enjeu est de contribuer à l'équilibre et au bon fonctionnement de la société, en donnant la possibilité à chaque citoyen d’y participer activement en y trouvant place et reconnaissance. Au niveau européen, la cohésion sociale se définit comme « la capacité de la société à assurer le bien-être de tous et d'éviter les disparités et les polarisations ». Dans la lutte contre les inégalités et toutes les formes d'exclusion ou de discrimination, le Conseil de l'Europe met notamment en avant l'équité dans l'accès aux droits, la dignité et la reconnaissance de la diversité, l'autonomie et le développement personnel, familial et professionnel et la participation et l'engagement citoyen.

En France, une expression politique de la cohésion sociale est la Politique de la ville créée avec les premiers programmes Habitat et vie sociale en 1977. Elle a consisté à concentrer des moyens spécifiques de l’État dans certains quartiers, aujourd’hui les quartiers prioritaires, pour réduire les inégalités sociales entre les territoires. Cette politique a donc fêté ses 40 ans en 2017 et si elle a beaucoup fait, avec plus ou moins de succès, il lui reste de nombreux défis à relever. Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a publié le mercredi 24 mai 2017 son rapport annuel sur l’état de la France. Ce rapport relève notamment une montée des inégalités incompatibles avec les valeurs républicaines. Il souligne qu’elles se sont « considérablement accrues ces dernières années, notamment depuis la crise de 2008 », au premier rang desquelles les inégalités scolaires, de genre et de santé, ainsi que l’approfondissement des fractures territoriales… Le mouvement de métropolisation est présenté comme un facteur aggravant. France Stratégie, dans son rapport Quelle France dans dix ans ? cité par le CESE, note ainsi que « les quinze aires urbaines de plus de 500 000 habitants que compte le pays rassemblent aujourd’hui 40 % de la population et 55 % de la masse salariale. » À noter que lors de son déplacement à Clichy-sous-Bois, à Tourcoing et à Roubaix les 13 et 14 novembre, le président de la République Emmanuel Macron a réaffirmé que l’avenir des 1 514 quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) représentait une priorité de son quinquennat et avancé des mesures… Il faut se souvenir que Jacques Chirac avait fait de la fracture sociale son thème de campagne en 1995. Plus de 20 ans après, les écarts sociaux et territoriaux restent sources de fortes tensions.

Le Contrat de Ville 2015-2020 de Grenoble-Alpes Métropole est entré dans sa 3e année de mise en œuvre. Il fait l’objet d’un dispositif permanent d’observation et de suivi de l’évolution des QPV, nécessitant des approches qualitatives et quantitatives auxquelles l’Agence contribue. Elle tient également à jour et enrichit en permanence les indicateurs statistiques de suivi (démographie, santé).

À l’échelle de l’Isère et à la demande du Département, l’Agence explore depuis 2015 les questions de fragmentation socio-spatiale, plus précisément les phénomènes de ségrégation et de polarisation sociale. Elle a ainsi réalisé un atlas cartographique qui vient éclairer la pauvreté de certains territoires.

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