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LA PROTECTION DE LA SANTÉ ET DU BIEN-ÊTRE

La notion de bien-être est devenue un enjeu crucial pour notre société, au point de la rendre presque indissociable de celle de santé. De plus en plus de gens recherchent une approche plus préventive que curative de la médecine. Le maintien en bonne santé passe alors par une attention particulière à leur bien-être physique, mais aussi psychique.

Dans cette quête de la santé et du bien-être, les questions d’alimentation tiennent une place majeure. Parmi un échantillon de personnes ayant décidé de modifier leurs habitudes alimentaires, leurs principales actions sont de boire plus d’eau (77 %), manger moins de gras (64 %), moins de sucre (59 %), plus de fibres (52 %), moins de sel (54 %) et boire du lait régulièrement (48 %). Aussi, les aliments enrichis d’oméga-3, de minéraux ou de vitamines ont la cote ; on tend à diminuer la consommation de viande rouge et à opter pour les aliments biologiques.

Quel lien avec l’urbanisme et les politiques publiques ? Selon Albert Lévy, qui a notamment dirigé l'ouvrage Ville, urbanisme et santé, les trois révolutions Éditions Pascal, Paris (2012), « Ce sont les tendances contemporaines de l’urbanisme qui sont interrogées : la croissance illimitée des métropoles, l’étalement urbain et l’artificialisation des sols, la périurbanisation excessive, la congestion des centres qui sont sur-densifiés, mais aussi le développement hors-sol, c’est à dire la déterritorialisation, l’indifférence au lieu… ». Dès lors qu’on dévide le fil, on s’aperçoit de l’extrême intrication des problématiques et des enjeux.

Un autre article paru dans Millénaire 3 en janvier 2017, fait état d’une étude (Aurélien Boutand, décembre 2016) dont l’objet est d’explorer les éventuelles chaînes de causalité reliant bien-être et urbanisme. En complément d’un précédent rapport, il s’agit d’identifier les déterminants du bien-être qui relèvent de l’aménagement du territoire.

Comment mesurer le bien-être ou le bien-vivre ? Comment faire du bien-être soutenable « une boussole » pour nos politiques publiques ? C’est une question qui taraude la Métropole grenobloise et qui a d’ailleurs fait l’objet d’une journée d’étude et de débat à l’Agence le 30 juin, organisée par la Structure fédérative de recherche (SFR) Territoires en réseaux. C’était l’occasion de présenter la démarche Ibest qui fait le pari de construire, de manière collaborative, un indice de bien-être soutenable sur le territoire grenoblois. Ibest se décline en 8 dimensions : biens de subsistance, travail et emploi, affirmation de soi et engagement, démocratie et vivre ensemble, environnement naturel, santé, accès et recours aux services publics, temps et rythme de vie. Si, selon Hélène Clot de Grenoble-Alpes Métropole, « certaines de ces dimensions peuvent sembler classiques, les indicateurs qui les sous-tendent, sélectionnés en raison de leur pertinence pour éclairer la question du bien-être, sont originaux ».

C’est désormais un sujet d’intérêt métropolitain. Soucieuse d’introduire davantage la préoccupation du bien-être dans l’urbanisme, Rennes Métropole par exemple, a saisi l’Audiar pour élaborer une démarche qui intègre davantage la santé dans les projets urbains. Elle a élaboré un guide méthodologique (Intégrer la santé et les usages dans les projets communaux), s’appuyant sur une approche pragmatique par les usages, pour permettre aux communes de traduire cette ambition dans la création ou l’amélioration d’espaces publics de ressourcement (place, square, aire de jeux…).

À Grenoble, l’intérêt de l’Agence pour les questions de santé et de bien-être vient de s’illustrer par la signature d’un partenariat entre l’Agence régionale de santé (ARS) et le réseau des agences d’urbanisme Auvergne-Rhône-Alpes. Ces dernières ont participé à l’élaboration du troisième Plan régional santé environnement (PRSE 3) au cours du 1er semestre, permettant ce rapprochement avec l’ARS qui a pu mesurer l’intérêt d’associer plus étroitement santé et urbanisme. Enfin, l’Agence accueillait le 18 mai une présentation des Évaluations d’impact sur la santé (EIS) proposée par l’Observatoire régional de la santé (ORS) d’Auvergne-Rhône-Alpes, précurseur en ce domaine.

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