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Édito

Exceptionnelle, 2017

Depuis 2015 l’Agence enchaîne les années d’exception, et 2017 est sans doute une forme d’apogée avant le retour à la normale.

Exceptionnelle, 2017 l’est d’abord par un événement marquant de l’histoire de l’Agence, qui a fêté ses 50 ans. C’est un symbole fort de la longévité de notre organisme, de sa capacité d’adaptation et surtout, des liens tissés avec les acteurs, publics ou privés, d’une grande région grenobloise aux limites toujours repoussées. Car c’est d’abord cela le rôle de l’Agence, affirmé dès l’origine, faire lien, partager des réflexions, des visions, essaimer des idées, et elle y travaille avec beaucoup de conviction.

Depuis 50 ans l’Agence est un bien commun, riche de connaissances, de méthodologies et d’expertises mutualisées, dont chaque membre profite équitablement. Les projets d’Agence successifs ont veillé à maintenir cet esprit solidaire qui souffle aujourd’hui avec une vigueur renforcée. L’Agence n’a jamais été l’outil d’un territoire, mais bien d’une alliance de territoires, entre villes, vallées et massifs, réunis par des enjeux communs et l’évidente nécessité de coordonner des politiques et des projets. C’est tout à fait vital aujourd’hui, à l’heure où les femmes et les hommes vont et viennent au gré de leurs modes de vie. Étudier ces fonctionnements et contribuer à leur prise en compte à toutes les échelles, promouvoir une planification plus opérationnelle, est sans doute la raison d’être intrinsèque de cette agence et très certainement, de tous temps, sa valeur ajoutée.

Exceptionnelle, 2017 l’est aussi par l’intensification de la contribution de l’Agence à l’élaboration de quatre PLUi. Avec plus de 3 700 jours d’activité – près de la moitié du programme – dédiés aux intercommunalités du Massif du Vercors, de Bièvre Est, de Bièvre Isère et de Grenoble-Alpes Métropole, et une équipe dimensionnée pour y répondre, elle a satisfait aux exigences de la traduction des PADD dans les documents réglementaires et de la constitution progressive des dossiers. Un travail de l’ombre et de fourmi, mobilisant toutes les compétences et la pluridisciplinarité de l’Agence, et nécessitant la mise en place d’une gouvernance partagée entre communes et intercommunalités pour tenir un calendrier très contraint. Un quasi exploit en soi, d’autant plus que, dans le même temps, de nombreuses études thématiques et missions d’observations étaient lancées pour contribuer à la définition de politiques publiques plus éclairées et plus cohérentes. Aucune demande n’a été laissée insatisfaite.

Et cela, sans jamais que l’Agence cesse de se projeter, de penser « à l’après », non seulement pour elle-même mais pour des territoires en pleine transformation. Le bilan de l’année, à travers ce rapport d’activité, montre bien la part des sujets nouveaux, la montée en charge des questions de transition, le besoin de réflexions partagées autour des enjeux de santé, de bien-être, d’énergie, de numérique, de mobilités… L’Agence accueille d’ailleurs cette année trois nouveaux membres, la Comue Grenoble Alpes, l’Agence régionale de santé (ARS) et le CCAS de la Ville de Grenoble, dont l’adhésion est une marque forte du renouvellement à l’oeuvre dans nos sociétés et qui se traduit dans les missions de l’Agence. Quant au Conseil scientifique, mobilisé sur le thème des risques et de la résilience des territoires avec l’appui fort de l’Université Grenoble Alpes, il prend une dimension nouvelle qui devrait se révéler en 2018.

Tout ce qui contribue à la cohésion, à l’identification de pistes de coopération, aux démarches de partenariat, aux projets et à la connaissance partagés, dans la pleine prise de conscience des enjeux et des responsabilités comme dans la recherche de solutions innovantes, fixe un cap nécessaire et ambitieux à une Agence qui s’est dotée d’une nouvelle identité en 2017, ouvrant ainsi une nouvelle page de son histoire.

Jean-Paul Bret,
Président de l’Agence d’urbanisme de la région grenobloise